État actuel du secteur canadien de l’électricité
Le rapport Énergiser l’avenir : Étude d’information sur le marché du travail 2008, du CSE, constitue l’information la plus à jour sur l’état du secteur canadien de l’électricité dans son ensemble. Le rapport intégral ainsi que le rapport synthèse peuvent être consultés sur le site Web du CSE, à www.brightfutures.ca/lmi/fr/reference.html.
Rapport intégral : Énergiser l'avenir : Étude d'information sur le marché du travail 2008;
Rapport synthèse : Énergiser l'avenir : Étude d'information sur le marché du travail 2008.
Selon cette étude, on s’attend à ce que près de 30 % de la main-d’œuvre actuelle du secteur de l’électricité (28,8 %) prenne sa retraite au cours de la période 2007–2012. La branche d’activité qui sera la plus touchée par ces départs à la retraite est celle du transport de l’électricité, qui connaîtra une augmentation de 900 % à ce chapitre d’ici la fin de cette période, en 2012. Dans l’ensemble, le secteur de l’électricité verra une augmentation de 160 % pour ce qui est des départs à la retraite d’ici 2012 (rapport synthèse Énergiser l’avenir, page 3).
Étant donné que l’âge de la main-d’œuvre augmente toujours, le secteur fait face au défi de pourvoir les postes vacants en comptant sur un bassin de jeunes travailleurs qui ne cesse de diminuer. Selon la recherche, la majorité de la main-d’œuvre du secteur de l’électricité est âgée de 25 à 54 ans, mais le pourcentage des travailleurs de ce groupe d’âge baisse constamment; il est passé de 94 % en 1997 à 81 % en 2007. Au cours de la même période, le nombre de travailleurs âgés de 55 ans et plus a augmenté, passant de 4 100 à 13 800, tout comme le nombre de travailleurs âgés de 15 à 24 ans, qui sont passés de 1 600 à 6 200.
En 2007, les employés âgés de 35 à 44 ans représentaient 26 % de l’effectif; ceux qui étaient âgés de 45 ans et plus, 55 % de l’effectif; et ceux âgés de 55 ans et plus, 13 % de l’effectif du secteur de l’électricité (rapport intégral Énergiser l’avenir, pages 57 à 60). Ces chiffres annoncent pour les cinq prochaines années une augmentation significative des départs à la retraite dans le secteur. La situation est préoccupante, car les employeurs ont souligné en 2008 qu’ils sont déjà confrontés à un taux de 3,3 % de postes vacants pour les professions non liées au soutien, et ce taux s’accroîtra en raison de la hausse de 164 % qui est anticipée pour les départs à la retraite dans ces professions en 2012 (rapport synthèse Énergiser l’avenir, page 29).
C’est pour la branche d’activité liée au transport de l’électricité qu’on rapporte la plus grande proportion d’employés âgés de 45 à 54 ans. La recherche montre que des branches d’activité moins bien établies ou moins traditionnelles (p. ex., les énergies renouvelables) comptent une plus grande proportion d’employés âgés de moins de 44 ans, comparativement à des branches d’activité établies depuis longtemps, comme la production (à l’exception des énergies renouvelables), la distribution et les entreprises intégrées (rapport intégral Énergiser l’avenir, page 60).
Selon les données, le secteur de l’électricité fait face à une perte imminente de travailleurs hautement qualifiés, ce que vient aggraver la pénurie de nouveaux travailleurs qualifiés qui soient en mesure de les remplacer. La recherche révèle que les universités connaissent une baisse des inscriptions dans les programmes reliés à l’électricité; toutefois, les collèges communautaires rapportent une augmentation significative d’inscriptions dans ces programmes, tandis que le nombre d’étudiants inscrits dans les programmes d’apprentissage en électricité s’est accru de 6 % de 2003 à 2005, et que l’augmentation a été de 21 % pour les programmes de formation de monteurs de lignes (rapport synthèse Énergiser l’avenir, pages 4 à 6).
Mais en dépit de l’augmentation des inscriptions dans les collèges communautaires et dans les programmes d’apprentissage, la recherche mentionne qu’on doit compter un délai pouvant atteindre cinq ans entre le moment où commence la formation et le moment où un travailleur peut être considéré compétent ou expert dans l’exercice de son emploi; ce délai peut être attribué à l’importance de l’apprentissage au travail qui est nécessaire pour beaucoup de professions de l’électricité (rapport synthèse Énergiser l’avenir, page 27).
À l’heure actuelle, pour la formation des employés, le secteur de l’électricité investit environ six fois plus que la moyenne nationale pour les autres industries. La formation est dispensée soit grâce à des processus ou à des systèmes de formation à l’interne, soit par l’entremise de partenariats avec des établissements de formation. Cependant, malgré l’important investissement consenti pour la formation, on prévoit que les organisations du secteur devront subir une forte pression pour ce qui est de leur capacité en matière de formation, en raison du nombre élevé de nouveaux employés qu’on s’attend à recruter et de la nécessité de former et de perfectionner les employés déjà en poste dans le secteur — ainsi, le besoin de formation et d’apprentissage sera encore plus grand au sein du secteur.